Il était le favori, espérait un face-à-face frontal avec Royal, duquel il sortirait vainqueur, et n’a pas vu venir Aubry. Au final, Royal s’est dérobée, a évité l’affrontement direct, et Aubry et sa troupe, qui jouent leur peau, ont beaucoup mouillé la chemise devant les militants.
A quelques jours du vote (le 6 novembre), tout le PS est « dans le potage », pour reprendre la formule d’un membre du bureau national. Mardi, devant ses proches, le maire de Paris a une nouvelle fois grogné. Sera-t-il victime du syndrome de son ami Jospin, obnubilé par une campagne de second tour alors qu’il fallait d’abord gagner le premier ? Avec sur sa gauche Benoît Hamon, dans le rôle de Besancenot, Delanoë, englué dans son libéralisme, pâtit aussi de l’effet crise financière et de la poussée du parti à gauche toute.
Le doute a donc gagné le camp de la capitale, où l’on n’est plus certain de remporter la manche des motions. D’autant qu’à Paris, sur les 12 000 militants encartés l’an dernier, à peine 6 000 sont à jour de cotisation. Le groupe du PS à la mairie, composé d’une demi-douzaine de personnes, passe des coups de fil de relance toute la journée. « Non seulement la participation aux réunions est faible, mais les échos à nos appels ne sont pas bons », confie-t-on. Delanoë a encore quelques jours pour inverser la tendance. Et cogner sur ses deux rivales.
Propos recueillis par Laurent Valdiguié
(paru dans Paris Match n°3102daté du 30 octobre 2008)
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