Comme les ordinateurs, les téléphones ont un système d’exploitation (OS). En lieu des Windows XP, Vista, Mac OSX ou Linux, ceux des portables s’appellent Windows Mobile, Symbian voire un OSX light pour les iPhones. Ce sont eux qui gèrent l’interface visible de vos menus et bien sûr les applications intégrées à votre téléphone.
Tant qu’il s’agit de portables simples, on peut même se passer d’un système d’exploitation sophistiqué pour gérer voix, sms, mms, photo et musique. Mais dès que l’on met le pied dans l’univers des smartphones, la nécessité d’un OS musclé se fait sentir. Là, le choix est aussi simple que réduit. Hors l’univers iPhone, il n’y a que Symbian ou Windows Mobile. Alors que le premier – surtout grâce à Nokia- a atteint une stabilité efficace et reconnue, Windows Mobile (et nous en sommes à la version 6.1) peine à convaincre les accros des smartphones. Même s’il s’agit d’une sorte de Windows XP allégé, force est de constater que, sans parler de bug, peu sont les constructeurs qui ont réussi à rendre son utilisation fluide. Et même si l’on retrouve en petit les fonctionnalités de son PC, une certaine inertie se fait vite sentir. Souvent l’engin nous demande de fermer quelques applications car sa mémoire vive est à bout de souffle. Sans doute hérité de la version PC Tablet, les fonctions tactiles de Windows Mobile sont très loin d’avoir l’efficacité du fameux « double touch » de l’iPhone. Cette lente asphyxie de Windows Mobile ne pouvait prendre fin qu’avec l’invention d’un nouvel OS. C’est désormais chose faite avec Android dont les premiers exemplaires qu’il équipe chez HTC devraient sortir d’ici la fin du mois aux Etats Unis.
Bien plus que le Google phone
Certes c’est le moteur de recherche tentaculaire qui a initié le mouvement Android. A savoir rassembler les fabricants de téléphone autour d’un projet commun : un nouvel OS. Mais, peu importe la longueur de la cuillère en bois, ce dîner avec Google, le désormais diabolisé de l’internet, était incontournable. Car l’avantage avec Google, c’est que le deal est toujours clair : « grossissez en même temps que notre chiffre d’affaires ou mourrez dans d’atroces souffrances ». Il faut dire qu’à l’étage directorial du Googleplex, l’affaire était pliée depuis longtemps : il fallait absolument être dans les milliards de téléphones portables ou changer de métier. Car Bryn et Page, les deux fondateurs, l’avaient compris depuis longtemps : le Web du XXie siècle serait mobile ou ne serait pas. Et mobile, malgré les netbooks à 249 euros, cela veut avant tout dire « téléphone portable ». D’un autre côté, les fabricants de smartphones, devant l’indigence de leur offre en ligne (on ne peut peut pas être bon en tout) se reposaient de plus en plus sur les services que Google avait spécialement développés pour les smartphones. A commencer par Google maps qui leur évitait de vendre –forcément plus cher- des GPSphones avec cartographie intégrée. Ni win-win, ni marché de dupes, le projet Android était vraiment ce qu’attendait un segment en pleine expansion ; surtout que les développeurs de Windows Mobile avait depuis longtemps atteint leur niveau d’incompétence (voir plus haut). Résultat : un OS light, performant, peu gourmand en puissance et surtout parfaitement adapté au plublic des smartphones. Android va forcément rendre obsolètes les téléphones sous Windows Mobile, et probablement que certains pourront passer de ce système au nouveau. Mais comme la durée de vie d’un smartphone est de 12 mois, rien de grave donc.
Une riposte de Microsoft ?
Se voir obligé de prolonger la vie de XP car Vista n’est pas satisfaisant puis être attaqué sur Windows Mobile par Google et la majorité des constructeurs de téléphones : ça fait beaucoup pour Microsoft, la même année qui plus est. Comment va réagir le géant de Redmond ? Est-ce que son département hardware est en train de plancher sur un engin Windows Ultra Mobile ou sur une tablette multitouch Android ? Telles sont les questions que l’on est en droit de se poser à la veille de la sortie d’une tablette Apple Wifi 3G+. Mais ce n’est pas tout. Car laisser entrer le loup Google dans la bergerie du mobile est un événement qu’aucun analyste n’est capable de mesurer sur le moyen terme. La révolution du téléphone portable vient tout juste de commencer.
Match et vous,
2009 : inventer un avenir
voir derniers posts
(07/01/2009 18:32)
Devoir d'insolence,
L’intégration calcinée
voir derniers posts
(07/01/2009 14:49)
Econoclaste,
Le banquier qui espionnait... sa femme
voir derniers posts
(07/01/2009 00:16)