Iphone

iPhone : ne nous trompons pas de modèle
Il y a deux façons d’observer le phénomène iPhone.

Il y a deux façons d’observer le phénomène iPhone. La première façon, plutôt économique, consiste à suivre les ventes : 6 millions d’exemplaires écoulés dans le monde entre juin 2007 et juin 2008, 1 million de versions 3G vendus lors du week-end de lancement en juillet dernier, 276.000 iPhone distribués par Orange en France depuis novembre 2007… Comme toujours avec Apple, les chiffres subissent une cure de design, tranchés en millions.


L’autre façon d’observer le phénomène iPhone consiste à tenter de décrypter l’utilisation réelle de ce téléphone multifonction et évolutif. Curieusement, l’indicateur le plus convaincant dans ce domaine est l’App Store, la plate-forme lancée en juillet dernier, permettant de télécharger des applications pour iPhone. En deux mois, cette plate-forme a vu passer 100 millions de téléchargements dans le monde, soit environ une douzaine d’applications téléchargées par iPhone en circulation.


Un joli niveau d’activité qui, forcément, donne des idées. Tout d’abord chez les éditeurs, qui multiplient les petites applications sérieuses, ludiques ou complètement décalées. Certaines sont gratuites, d’autres sont proposées à des prix unitaires allant généralement de 0,99 à 9,99 dollars. Ce sont ainsi plus de 3.500 applications différentes qui sont aujourd’hui disponibles pour l’iPhone. Cet appel d’air a même vu la naissance d’un concurrent à l’App Store, Apptism.com, un nouveau supermarché du téléchargement pour iPhone. S’ajoute à cette percée spectaculaire, le gros moteur diesel iTunes qui brasse des téléchargements multimédias par millions, évidemment.


Côté utilisation Internet mobile, les indicateurs sont en revanche bien plus rares dans le monde iPhone. Cet été, pour la France, Médiamétrie a toutefois indiqué que les utilisateurs iPhone généraient en moyenne près de 37.500 visites quotidiennes sur Internet. Face au parc de 276.000 téléphones en circulation, le score apparaît bien plus terne. Au final, à peine un propriétaire d’iPhone sur sept se connecte au Web.


Ce grand écart entre la percée des applications téléchargées d’un côté, et la mollesse de l’activité Internet mobile de l’autre, souligne à quel point l‘utilisation réelle de l’iPhone n’est pas du tout où beaucoup l’imaginait, dans un univers concurrentiel bordé de téléphones Internet signés Nokia, Samsung ou BlackBerry. L’iPhone s’affirme au contraire comme une console téléphonique, au sein duquel les propriétaires exploitent la capacité « réservoir » - en y injectant des applications, de la musique, de l’image – plutôt que la capacité « connexion ». La véritable bataille pour l’iPhone commencera avec l’entrée en lice sur le marché du mobile d’acteurs comme Nintendo ou Sony, dotés d’une véritable culture console.

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