Si en cette semaine de négociations tous azimuts, il y en a un au PS qui peut se mordre les doigts, c’est Pierre Moscovici. Lui qui, pendant tout le printemps et tout l’été, a fait campagne pour le poste de premier secrétaire se retrouve cet automne le bec dans l’eau.
Fin septembre, quelques heures avant le dépôt des motions, Moscovici avait hésité à rallier soit Aubry, soit Royal, soit Delanoë. Ses amis strauss-kahniens le voulaient chez Aubry. Ségolène, qui avait besoin de soutiens, lui avait même proposé le poste de premier secrétaire en cas de victoire. L’espace d’une soirée, Mosco s’était laissé séduire. Mais, le lendemain, virage sur l’aile, il a laissé passer le train. « A la dernière seconde du dernier jour des dépôts de motions, Pierre s’est renié pour faire le plus mauvais des choix », raille un de ses amis. A l’époque, tous les sondages donnaient Delanoë en tête...
« Aujourd’hui, s’il avait rallié Royal, Mosco aurait été en position idéale pour faire la synthèse, et, il aurait de bonnes chances de rafler le fauteuil de Hollande », soupire un autre. Le week-end dernier, Pierre Moscovici a eu Royal au téléphone pour une timide offre de service... vite balayée. Il projette de créer désormais son propre courant. Un de plus.
Propos recueillis par Laurent Valdiguié
(paru dans Paris Match n°3104 daté du 13 novembre 2008)
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